Liz Truss, une conservatrice convertie à la tête de la diplomatie britannique



Liz Truss, une conservatrice convertie à la tête de la diplomatie britannique
C’ est l’une des personnalités préférées des militants conservateurs: la championne du libre-échange Liz Truss s’est hissée au poste stratégique de chef de la diplomatie du Royaume-Uni, après avoir oeuvré à en renforcer le rayonnement commercial à la suite du Brexit.

Cette nomination, lors d’un remaniement majeur mercredi, est une consécration pour la quadragénaire, deuxième femme à diriger la diplomatie britannique depuis la travailliste Margaret Beckett en 2006, sous Tony Blair. Mais aussi, pour certains commentateurs, une manière pour le Premier ministre Boris Johnson de contrôler les possibles ambitions de cette figure montante appréciée de la base.

Ses cartons à peine posés, Liz Truss, conservatrice d’adoption née il y a 46 ans dans une famille très à gauche, aux antipodes de ses convictions politiques, devra s’attaquer aux grands dossiers internationaux. Il y a la crise afghane, dont la gestion jugée amatrice a coûté son poste à son prédécesseur Dominic Raab, les tensions avec la Russie et la Chine (elle est réputée atlantiste et partisane d’une ligne dure face à Pékin), les relations post-Brexit avec l’Union européenne, ou encore le nucléaire iranien et le sort des binationaux britanniques emprisonnés en Iran.

“Elle apportera du caractère - même du panache - à une fonction qui requiert souvent un peu de diplomatie humaine”, estime la BBC. Dès l’arrivée au pouvoir en juillet 2019 de Boris Johnson, dont elle est une fervente supportrice, Elizabeth (“Liz”) Truss en est, héritant du Commerce extérieur.

A ce poste, qui lui permet de se familiariser avec les circuits diplomatiques, elle devient le visage des négociations commerciales de Londres d’après-Brexit. C’est un changement de bord pour celle qui avait défendu le maintien dans l’UE lors du référendum de 2016 - avant de changer d’avis, disant voir des opportunités économiques dans le Brexit.

Elle s’attelle à nouer de nouvelles alliances de libre-échange et conclut des accords avec le Japon, l’Australie ou encore la Norvège. Pour certains de ses détracteurs, ces accords ne font que réintroduire des avantages perdus avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Et Liz Truss, qui aime les burgers, sera partie sans conclure le grand accord commercial avec les Etats-Unis, espéré par Londres pour asseoir sa stratégie de “Global Britain”.

“Liz n’a pas peur de dire ce qu’elle pense, et croit que délivrer les gens d’une paperasserie pesante pour lancer et faire croître des entreprises est la clé de notre avenir économique”, est-il écrit sur sa page Internet.

Après une dizaine d’années dans le privé (comme directrice commerciale notamment), elle est d’abord conseillère locale dans le sud-est de Londres puis devient députée en 2010, pour la circonscription de South West Norfolk (est de l’Angleterre).

En 2012, elle entre au gouvernement et enchaîne depuis les portefeuilles, d’abord secrétaire d’Etat à l’Education, puis ministre de l’Environnement de 2014 à 2016 - elle est alors moquée pour un discours où elle s’indigne que le Royaume-Uni importe la plupart des pommes et fromages consommés. Elle devient aussi la première femme ministre de la Justice, puis secrétaire en chef du Trésor. *

Les conservateurs, ça ne va pas de soi pour Liz Truss, qui a grandi dans un milieu très à gauche. A la prestigieuse Université d’Oxford, dont elle est diplômée en politique et économie, elle préside le groupe des europhiles libéraux-démocrates, un temps partisans d’un second référendum sur le Brexit. De son propre aveu, elle provoque la stupeur de ses parents - un père professeur universitaire de mathématiques et une mère militant pour le désarmement nucléaire, qu’elle accompagne enfant à des manifestations - en se positionnant en fin de compte franchement à droite.

Les tories, dont elle devient rapidement une étoile montante, conviennent mieux à cette partisane de la faible taxation. “Ma philosophie personnelle”, confie-t-elle un jour au quotidien The Guardian, “c’est de donner aux gens l’opportunité de prendre leurs propres décisions”. Née le 26 juillet 1975, mariée et mère de deux filles, elle a conservé son poste de secrétaire d’Etat aux Femmes et à l’Egalité lors du remaniement.

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