Le Onze national accède aux barrages haut la main



Le Onze national accède aux barrages haut la main
Pourvu que ça dure Après la fabuleuse passe de trois, place au joli 4 sur 4. Le Onze national a réussi, mardi au Complexe sportif Moulay Abdellah de Rabat, à disposer de son homologue guinéen sur le score de 4 à 1, lors d’un match en retard comptant pour la seconde journée des éliminatoires, groupe I-zone Afrique, de la Coupe du monde FIFA dont les phases finales auront lieu en 2022 au Qatar. Devant être disputée au mois de septembre à Conakry, cette opposition a été décalée par la CAF à la date du 12 octobre en raison du coup d’Etat survenu en Guinée. La Fédération guinéenne avait opté pour le Maroc en vue de disputer ce match, ce qui était fait pour arranger les affaires de l’EN qui a exploité pleinement cette donne. Du match proprement dit, il faut dire que le démarrage des partenaires du capitaine Romain Saïss a été poussif et il a fallu attendre l’ouverture du score contre le cours du jeu par Ayoub El Kaabi (21è) pour voir l’équipe marocaine développer son jeu. Mais c’était sans compter sur la réaction du Syli qui est parvenu à égaliser (31è) sur un tir de Mamadou Kane. Toutefois, ce n’était que partie remise, car les joueurs marocains s’étaient ressaisis, manœuvrant sur tous les flancs, particulièrement par l’intermédiaire de l’excellent Rayane Mmae, bien parti pour gagner en standing et en capes, ce qui devrait fort probablement lui permettre de changer les cieux du championnat hongrois pour un concours européen beaucoup plus huppé. Mais pour doubler la mise, c’est Selim Amallah, qui a suppléé Amine Barkouk sorti sur blessure, qui s’en est chargé (42è), avant d’être l’auteur d’un doublé (65è). Et pour clore ce festival de buts, l’honneur a échu à un autre réserviste, Soufiane Boufal qui, sur un retourné, a aggravé le score aux ultimes souffles de la partie. Voilà ce que l’on peut appeler une victoire avec l’art et la manière, qui plus est, face à une écurie d’un niveau plus relevé que celui des sélections rencontrées au préalable. Grâce à cette quatrième victoire de rang, l’EN a assuré son passage à la double confrontation barrage prévue en mars prochain, épreuve qui verra l’engagement des dix équipes qui termineront en pole position de leurs groupes respectifs. Et pour préparer cet ultime tour fatidique, les coéquipiers de Yassine Bono auront à saisir les deux derniers matches des éliminatoires en novembre prochain contre le Soudan et la Guinée pour peaufiner les réglages, sans omettre la CAN camerounaise où, une fois encore, l’équipe marocaine partira avec la casquette de favori ou du moins de sérieux outsider. Il convient de signaler en dernier lieu qu’en plus du Maroc, le Sénégal s’est qualifié lui aussi au tour des barrages après avoir survolé les débats du groupe H avec 4 victoires en autant de sorties.  Mohamed Bouarab
Prisme tactique: Pragmatique mais sans identité de jeu Depuis le dernier rassemblement, Vahid Halilhodzic a fait bouger les lignes dans son effectif en intégrant de nouveaux joueurs et en confirmant certains. Même si l'identité de jeu de l'EN reste toujours aussi floue, l’élan actuel suscite plus que jamais de l’espoir. 
Une ossature qui se dégage
De cette fenêtre internationale, il restera la qualification pour les barrages de la Coupe du monde 2022, l'efficacité dans les zones de vérité (12 buts pour et un contre), mais aussi les quelques visages méconnus du grand public. On ne pourra pas taxer coach Vahid d'incohérence. Au vu des compos de départ alignées contre la Guinée-Bissau par deux fois, et la Guinée, mardi soir, il se dégage une ossature : Bounou, Saïss, Aguerd, Hakimi, Amrabat, Louza, Barkok, El Kaabi et Mmaee ont débuté les trois rencontres
Massina, auteur de prestations mièvres mais solides sur le côté gauche de la défense lors de la double confrontation contre la Guinée Bissau, a laissé sa place à Soufian El Karouani (NEC Nimègue) face à la Guinée. Le néo-international marocain n’a pas volé plus haut. Son déchet technique, son positionnement défensif très aléatoire et sa pauvre qualité de centre ne lui permettent pas encore de prétendre à une place de titulaire. D’autant que Hakimi, son pendant côté droit, met la barre très haut en dépit d’une séquence internationale qui ne restera pas dans les annales.

Une attaque de feu
A l’inverse, Ilias Chair (Queens Park Rangers) a été de tous les bons coups. Le talentueux milieu offensif (un but en quatre sélections) a fait oublier l’absence de Ziyech et son apport dans la création. Le 4-4-2 en losange instauré par Vahid Halilhodzic sied à Chair parfaitement. Par sa faculté à se placer entre les lignes, combinée à l’incessante activité de Mmaae et El Kaabi, Chair a parfois éclairé une animation offensive qui broie souvent du noir. Son absence mardi est due à un choix tactique de son entraîneur. On y reviendra et lui aussi dans un mois, à n’en pas douter.
Mmaee et El Kaabi ne seraient pas contre. Le duo, très complémentaire, a fait des étincelles. Ils sont les grands gagnants de ce rassemblement. L’arrière-garde guinéenne a tout autant souffert que celle de la Guinée-Bissau. Entre Mmaee qui a martyrisé le côté gauche par sa vitesse, ses dribbles, ses feintes de corps et son jeu en remise, et El Kaabi qui prenait souvent la profondeur, les Guinéens ne savaient plus où donner de la tête.
Certes, Ryan Mmaae n’a pas trouvé le chemin des filets contrairement à El Kaabi (4 buts en 3 matchs), mais le pensionnaire du club hongrois de Ferencváros (11 buts et 6 passes décisives en 17 matchs) a été époustouflant. A ce rythme, l’un des cinq grands championnats lui ouvrira certainement ses portes.

Une identité de jeu encore à définir
L'identité de jeu n'est pas un concept vague que l'on se plaît à sortir en soirée pour frimer. Les repères et automatismes en sont tributaires. C’est ce qui permet aussi à un collectif de ne pas chavirer face aux vents contraires. Mais à la différence des hommes qui l’animent et la forgent, l’identité de jeu de l’EN est toujours aussi floue.
En multipliant les systèmes de jeu, Vahid Halilhodzic fait preuve de pragmatisme, mais ses joueurs risquent d'être déboussolés dans les grands rendez-vous. Le 4-4-2 en losange utilisé contre la Guinée-Bissau par deux fois a offert une plus grande densité dans l’axe. Mais les flancs étaient plus exposés. Imran Louza a comblé les brèches sur son côté droit. Il a couru pour deux et son activité défensive a été incessante.
La capacité d'adaptation du joueur de Watford a également été bluffante lorsque Halilhodzic est passé au 5-3-2 contre la Guinée. Certes, la problématique était la même, défendre à trois milieux de terrain sur toute la largeur, mais Louza n’a pas seulement défendu, il s’est projeté généreusement vers l’avant et s’est procuré plusieurs occasions. Il colle parfaitement au sens du sacrifice et à la générosité demandés par son sélectionneur qui a enfin souri.  Chady Chaabi

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