Plan Maroc Vert

Un bilan positif qui confirme le potentiel de l’agriculture comme gisement d’emplois



Pas moins de 88% et 86% : ce sont les taux de réalisations des investissements à l’horizon 2020, respectivement, dans les deux piliers du Plan Maroc Vert (voir encadré), selon les chiffres les plus récents du ministère de l’agriculture.

Dans le détail, 876 projets pilier I ont vu le jour pour une enveloppe de 35 milliards de DH. Ceux-ci ont été érigés sur une superficie globale de 266 600 hectares, soit 65% de l’objectif fixé à l’horizon 2020.

Pour ce qui est de l’agrégation, 60 projets ont été concrétisés, ciblant 52 000 agrégés sur une superficie de 155 000 ha et 124 000 têtes de cheptel. Ces projets d’agrégation concernent particulièrement les petits agriculteurs : 80% des agrégés ont moins de 5 ha pour les filières végétales et 65% ont moins de 5 têtes de cheptel pour les filières animales. Sur un autre registre, 816 projets de Partenariat Public Privé (PPP) ont vu le jour sur une superficie mobilisée de 108 000 hectares.

Dans le pilier II ayant trait à l’agriculture solidaire, 813 projets ont été livrés pour un investissement de 18 milliards de dirhams au profit de 667 657 bénéficiaires, soit 86% de l’objectif 2020. A fin octobre 2018, 241 unités de valorisation ont été construites et les plantations ont concerné plus de 270000 ha dont 60% en olivier, 14% en amandier, 16 % en cactus.

Dans l’objectif d’amélioration des conditions de vie des agriculteurs, des efforts ont été également consentis dans le volet développement rural, qui est l’un des principaux objectifs du PMV. Il s’agit essentiellement de la mise en œuvre, dès 2017, du programme de réduction des disparités territoriales et sociales (PRDTS), qui vise la réalisation des projets de désenclavement, d’éducation nationale, de santé, d’alimentation en eau potable et d’électrification rurale.
Réalisé avec l’intervention des différents départements ministériels, institutions, régions et collectivités territoriales concernés par le développement rural, celui-ci est étalé sur 7 ans (2017-2023) pour une enveloppe de 50 milliards de DH. A en croire le porte-parole du gouvernement qui s’exprimait en janvier dernier dans la chambre des représentants, pas moins de 1,20 milliard ont été alloués au PRDTS pour un portefeuille de 660 projets.

48 millions de journées de travail additionnelles

Qu’en est-il de l’emploi agricole, qui tranche avec la thématique choisie cette année pour la 14e édition du SIAM? Toujours selon le ministère de l’agriculture, la stratégie lancée en 2008 a permis la création de 48 millions de journées de travail additionnelles, à fin 2018, soit 250000 à 300000 équivalents emplois à temps plein. Mieux encore, le PMV – à travers l’ensemble des projets des piliers I et II et des autres programmes transverses – a contribué à une amélioration du revenu des agriculteurs de plus de +66%, ce qui a affecté positivement le pouvoir d’achat des ruraux, leur permettant l’accès à de nouveaux services. Plus en détail, la promotion de l’emploi agricole a été soutenue en agissant sur plusieurs leviers et plusieurs types de projets.
«L’importance du secteur agricole se manifeste par sa contribution notable à la formation du PIB national (13%) et à la création d’emplois (40%) notamment en milieu rural où l’agriculture reste le principal pourvoyeur d’emplois (près de 80%) et source de revenus des agriculteurs», rappelle une source au département de l’agriculture. Durant la dernière décennie, des emplois ont été créés aussi bien en amont qu’en aval du secteur agricole. Unités de valorisation, plantations, aménagements hydroagricoles, pistes rurales…. sont autant de projets qui ont boosté la dynamique de l’emploi.
En amont, il y a lieu de citer les nombreuses activités de production à la ferme et dans les chantiers de travaux des trois grands programmes structurants d’irrigation (PNEEI, PEI et PPP en plus de la PMH), qui ont permis l’équipement de 750 000 ha pour un investissement de 31,6 milliards de DH au profit de 220 000 exploitations, mais pas que. Les différentes filières de production, avec l’amélioration des performances et la diversité conjuguée à l’augmentation des superficies cultivées, ont impacté positivement l’emploi dans le secteur agricole.
N’étant pas en reste, les 7 agropoles lancés au niveau des régions (Meknès,Oriental, Tadla, Souss, Haouz, Gharb, Loukous) et les 2 plateformes logistiques et commerciales régionales d’Al Hoceima et Meknès y étaient pour beaucoup dans la création d’emplois agricoles, en aval cette-fois ci. De même, le démarrage effectif en 2018 du contrat-programme de développement des industries agroalimentaires devra permettre de créer à terme 371 nouvelles unités industrielles, 38 500 emplois supplémentaires et 13 milliards de valeur ajoutée additionnelle.

Une nouvelle feuille de route post-2020

Estimant que l’agriculture marocaine peut encore mieux faire, le Souverain a, pour mémoire, fixé un nouveau programme pour le secteur, à l’occasion de son discours d’ouverture de la session parlementaire en octobre 2018. Un cap dont le but est d’élargir le champ de l’investissement agricole à toutes les catégories, tout en favorisant l’émergence d’une classe moyenne agricole et en rendant le foncier agricole plus accessible à l’investissement productif.

«La réussite de ces objectifs nécessite, d’une part, la consolidation des acquis du Plan Maroc Vert, et, d’autre part, la levée des contraintes pesant sur le développement de l’agriculture, notamment celles liées à la commercialisation, à l’accès à l’eau et au foncier agricole», nous explique une source autorisée du ministère, qui confie que la nouvelle vision post-2020 est en cours d’élaboration. Pour appliquer les instructions royales contenues dans le discours, le département de l’agriculture va procéder dans un premier temps à identifier et à recenser les terres mobilisables, puis de faire le choix des cultures en fonction de la nature des terres en question et des besoins.

La mobilisation d’un million d’hectares dans les périmètres non irrigués sera ouverte au processus de melkisation qui passera par l’identification des ayants droit d’une parcelle et à la cession du titre de propriété en leur faveur. «L’insécurité foncière des terres collectives a toujours représenté un frein à l’investissement et au développement agricole», concède notre interlocuteur.

En clair, l’ambition est de faire passer l’agriculteur au statut de propriétaire lui permettra une ascension sociale, en plus des opportunités économiques qui ne peuvent que renforcer l’émergence d’une classe moyenne. Notons, enfin, qu’aucune information ne filtre sur le contenu de la nouvelle feuille de route qui assurera la continuité du PMV. Selon toute vraisemblance, l’édition 2019 du SIAM sera l’occasion d’en savoir plus sur ce sujet.

Une stratégie, deux piliers

La stratégie du Plan Maroc Vert, lancée en 2008, a pour objectif de faire de l’agriculture un moteur de croissance, la rendre compétitive, assurer sa durabilité à long terme et réduire la pauvreté en milieu rural. Pour se faire, le PMV a opté pour deux approches, à savoir l’approche projet et l’approche chaîne de valeur.
La première s’articule autour de deux piliers, à savoir :

– Pilier II qui vise le développement de l’agriculture solidaire et familiale et la mise à niveau des petites et moyennes exploitations des zones défavorisées par un financement principalement public au profit de leur organisation professionnelle dans des investissements productifs (plantation, unités de valorisation,…).

– Pilier I qui vise le développement d’une agriculture compétitive et à haute valeur ajoutée par une incitation à l’investissement privé. Ces projets peuvent être d’agrégation et de Partenariat Public Privé.

Quant à elle, la deuxième approche a été déclinée en œuvre de 19 contrats programmes filières conclus entre l’Etat et les professionnels.

 

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