Sami Zerrelli

«Les entreprises suisses sont en mesure d’améliorer la productivité de ces petites exploitations»



La Suisse est l’invitée d’honneur de la 14e édition du SIAM. Son pavillon, qui s’étale sur une superficie de 450 m2, comptera une vingtaine d’exposants. L’évènement sera l’occasion pour les entreprises suisses de faire valoir leur expertise dans des domaines aussi variés que le développement des produits Bio, la production agroalimentaire, la valorisation des produits transformés, etc. Dans cet entretien, Sami Zerrelli, président de la Chambre de commerce suisse au Maroc, revient sur leurs activités.

Les entreprises suisses figurent parmi les plus performantes au monde dans le secteur agricole. Quelles sont les technologies qu’elles utilisent ?
Les entreprises suisses sont très avancées sur le plan technologique, notamment dans le domaine de la chimie, de la sélection génétique («les hybrides») qui n’a rien à voir avec les OGM, de la mécanisation et de l’automatisation, des drones qui sont d’une très grande utilité dans la mesure où ils permettent de prendre des photos dans les champs, de faire un diagnostic, d’anticiper sur la qualité des sols et de savoir où irriguer et employer des fertilisants. A cela s’ajoute l’utilisation du digital et de l’intelligence artificielle pour le traitement des données et le décodage génétique.

Que pouvez-vous dire des entreprises suisses présentes au Maroc ?
De grandes entreprises suisses, parmi les plus importantes dans leur domaine, sont présentes dans le Royaume. Il s’agit notamment de Syngenta spécialisée dans la durabilité, la sélection de semences et l’amélioration de la biodiversité ; d’Eléphant Vert qui a choisi le Royaume comme plateforme pour l’Afrique et qui est spécialisée dans les biopesticides, les biostimulants et les biofertilisants, fabriqués à base de compost, de microbes et de micro-organismes ; ainsi que de Nestlé qui est le numéro un mondial dans l’agroalimentaire et les produits de transformation. Les autres sociétés sont essentiellement présentes dans les services de l’agriculture. C’est le cas de SGS spécialisée dans le contrôle, l’analyse et la certification des produits agricoles ; et aussi de SICPA spécialisée dans l’authentification, l’identification et la traçabilité des produits et qui, à l’origine, imprimait des billets de banque.

Comment les entreprises suisses peuvent aider au développement de l’agriculture dans le Royaume ?
L’agriculture au Maroc se caractérise par la prépondérance de petites structures de moins de 5 ha, qui constituent 70% du total des exploitations. Les entreprises suisses sont en mesure d’améliorer la productivité de ces petites exploitations qui ont des coûts de production élevés et ce, grâce à des solutions de biofertilisants, de biostimulants et de biopesticides, ainsi que des programmes de conversion vers le Bio dont les produits se vendent plus chers et sont très demandés à l’export, et aussi grâce à la logistique, en agrégeant les petits exploitants pour les atteler aux grands producteurs, afin qu’ils puissent profiter de leurs infrastructures (chaîne de froid, centrales d’emballage, etc.). Par ailleurs, les entreprises suisses peuvent contribuer à la crédibilité des produits agricoles, en assurant la certification et l’analyse. Leur autorité en la matière est internationalement reconnue. De même qu’elles peuvent contribuer à la traçabilité des produits par la détermination de leur origine.

Est-ce que vous prévoyez qu’après le SIAM 2019, d’autres entreprises suisses viendront s’installer au Maroc ?
Notre objectif est d’attirer, en dépit de la barrière de la langue, un maximum de PME suisses dont la majorité est germanophone et ce, à travers des programmes qui seront mis en place comme suite logique aux conventions (une dizaine) qui seront signées lors du SIAM. Il faut savoir que nous avons été prévenus, il y a seulement six mois, de notre participation au SIAM en qualité d’invité d’honneur. Si nous avions été prévenus à l’avance, davantage d’entreprises suisses seraient présentes au SIAM. Un salon d’une telle envergure requiert, en effet, une longue période de préparation pour les entreprises. En outre, la participation au SIAM nécessite des investissements importants (par exemple pour le déplacement des machines ou du bétail) qu’ils doivent inclure dans leurs budgets. Il n’en reste pas moins que le SIAM n’est pas pour nous une finalité. Bien au contraire, nous considérons qu’il est le départ d’une collaboration à long terme et d’un partenariat gagnant-gagnant.

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