Le Maroc pourrait devenir un leader mondial en quelques années



Production du papier à partir des déchets des mines et des phosphates

Produire du papier à partir des déchets des mines et des phosphates. C’est l’idée développée par l’industriel belge et l’initiateur du concept de l’économie bleue Gunter Pauli lors de la cinquième édition du Symposium international sur l’innovation et la technologie dans l’industrie des phosphates (Symphos) organisé par le Groupe OCP et l’Université Mohammed VI Polytechnique du 7 au 9 octobre à Benguerir. Un concept qui ne date pas d’aujourd’hui mais qui a eu un écho auprès des participants de cet évènement en raison de la portée environnementale qu’il présente et des économies qu’il pourrait générer.

Selon lui, le Maroc gagnerait à exploiter les déchets des mines pour en faire du papier, ce qui lui permettrait de devenir un leader mondial en la matière. «Le Maroc a la capacité de produire 50 millions de tonnes de papier. Il peut devenir en quelques années, à raison d’une ou deux décennies, un des producteurs leaders du monde dans l’industrie du papier. Ce qui permettrait au pays de créer 50.000 à 100.000 emplois. On parle également de 10 à 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires», confie l’expert ajoutant que le concept de base tente le Groupe OCP qui selon lui est «plus que partant pour sa concrétisation». De plus, le Belge dévoile que les Chinois vont bientôt commencer sa production à partir de matériaux venant du Maroc, et ce une fois que le feu vert est donné par les ingénieurs papier-pierre en Chine expliquant que cette technologie a permis à l’empire du Milieu de devenir le plus grand producteur mondial de papier.

En termes de chiffres, la Chine produit déjà un million de tonnes de papier grâce à cette technique. Sur le plan écologique, l’expert explique : «Vous savez que pour obtenir du papier aujourd’hui il faut faire pousser des arbres. Du point de vue scientifique, on a sans cesse cherché depuis toujours la meilleure façon pour accélérer la croissance des arbres avec la manipulation génétique ou encore avec des procédés chimiques. De plus, tout le processus de production du papier nécessite de grandes quantités d’eau.

Si l’on regarde ce qui se fait dans le monde, on va arriver au fait qu’il y a très peu de pays qui ont la capacité d’avoir et de l’eau en abondance et des arbres qui poussent en grand nombre».

Il souligne à cet égard que contrairement à ce qu’on disait il y a quelques années, le secteur du papier connaît une véritable reprise indiquant que «dans le monde, la demande de papier est de plus en plus importante : le marché mondiale passera de 400 millions de tonnes à 500 millions de tonnes. Le problème c’est que nous n’avons pas assez de terrains disponibles pour faire pousser autant d’arbres et remplir la demande. Pire, l’eau se raréfie et nous devons protéger cette ressource», poursuit-il précisant qu’il y a 20 ans on recherchait des solutions mais des solutions de rupture. Pour lui, ce concept de transformation des déchets des mines pourrait fournir des millions de tonnes de matières à un prix compétitif. «Ces déchets sont fluides. Ils pourraient être transformés en poussière de pierre qu’on mélange avec du polyéthylène haute densité afin d’arriver à produire du papier», explique l’initiateur de l’économie bleue.

En effet, Gunter Pauli soutient depuis 2009 les projets de ce qu’on appelle l’économie bleue. Il s’agit d’un programme international qui vise à concrétiser plus de 200 initiatives, mobiliser 4 milliards de dollars de financement et générer 3 millions d’emplois dans le monde.

Pour le Belge, le concept de l’économie bleue se résume à utiliser ce qui est localement disponible en générant des plus-values en intégrant tout dans le modèle d’affaires pour répondre aux besoins de la nature et de la population locale en résilience et en appuyant le bien commun.


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