Le Japon consolide sa coopération avec le Maroc



Le représentant résident de la JICA (Agence japonaise de coopération internationale) au Maroc, Tojima Hitoshi, a achevé, ce 14 mai, sa mission dans le Royaume qui a duré près de deux ans et demi. Dans un entretien accordé à La Vie éco, Tojima Hitoshi revient sur les réalisations de la JICA dans le Royaume.

Les actions de la JICA au Maroc reposent sur trois principaux axes, à savoir l’amélioration de la compétitivité économique et l’établissement d’une croissance durable, la réduction des disparités régionales et spatiales, en particulier en milieu rural, ainsi que la coopération Sud-Sud triangulaire Japon-Maroc-Afrique.

La coopération technique et financière entre le Japon et le Maroc concerne les secteurs de l’agriculture, de la pêche maritime, de l’assainissement liquide et l’eau potable, de l’électrification, des infrastructures, de l’éducation, de l’environnement, de la santé maternelle et infantile, ainsi que du développement local.

A l’heure actuelle, l’agence participe à la réalisation de trois projets dans le Royaume. Le premier est relatif à la construction d’un navire océanographique et de recherche halieutique, sous l’égide du ministère de l’agriculture et de la pêche maritime. Le Projet a fait l’objet d’un accord de prêt concessionnel avec l’Institut national de recherche halieutique (INRH), pour un montant d’environ 453 MDH. Le navire en construction, dont la taille avoisinera les 48 m, disposera des technologies de pointe nécessaires à la recherche scientifique avancée.

Des experts japonais sur le terrain

Le second projet concerne le développement des capacités des ressources humaines dans le secteur du transport, au profit des pays africains. A cet effet, une convention de coopération technique a été signée par la JICA et le ministère de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau. Le projet consiste en la formation d’environ 300 experts de pays africains tiers, sur une période de quatre ans, au niveau de l’Institut de formation portuaire (IFP), de l’Académie des autoroutes du Maroc (ADM Académie), ainsi que de l’Institut de formation aux engins et à l’entretien routier (IFEER). L’apport du Japon se fera notamment sous forme d’équipements didactiques (tels que des simulateurs d’équipement portuaire). Ce projet de coopération Sud-Sud triangulaire a pour objectif la promotion des capacités professionnelles des stagiaires et le développement des ressources humaines dans les secteurs routier, autoroutier et portuaire, au profit des pays africains cibles.

Quant au troisième projet, il concerne l’élaboration de la Stratégie nationale de traitement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés, en partenariat avec le ministère de l’intérieur et le secrétariat d’Etat chargé du développement durable. La durée de ce projet est de deux ans (mars 2018 à février 2020). Il consiste en l’élaboration d’un Plan directeur d’assainissement solide ménager, au niveau des collectivités locales. Il s’agira de définir, avec l’aide d’experts japonais, les méthodes appropriées de traitement et de valorisation à adapter pour les collectivités sélectionnées. Le projet devrait permettre la caractérisation des déchets dans douze collectivités territoriales, représentant quatre strates de populations différentes, ainsi que l’examen d’au moins vingt plans directeurs provinciaux et préfectoraux.

A noter qu’un projet pilote de coopération technique dans le domaine de la gestion et le traitement des déchets solides ménagers a déjà été achevé, au niveau de Tiznit.

D’autres projets de coopération sont en cours d’examen

Une étude de faisabilité est actuellement effectuée par des consultants japonais, en vue de la réalisation du projet du port Kénitra-Atlantique à Oulad Bel Assal. Cette étude de faisabilité devrait être achevée dès le mois de mars prochain. L’organisme japonais discutera, par la suite, avec le gouvernement marocain des moyens de faire aboutir ce projet et des modalités de soutien.

Un projet de coopération Sud-Sud est également à l’étude, au niveau d’ADM. Il concerne l’entretien des ponts autoroutiers dans les pays d’Afrique subsaharienne. A cet effet, trois techniciens marocains d’ADM ont déjà été formés aux technologies japonaises d’entretien des autoroutes. Bien que complexes, ces technologies permettent de réduire considérablement les coûts d’entretien des autoroutes. Dans le futur, les techniciens marocains d’ADM pourront transposer les technologies japonaises dans les pays d’Afrique subsaharienne.

Une coopération élargie à tout le continent

La coopération Sud-Sud triangulaire Japon-Maroc-Afrique remonte à presque dix ans. De ce fait, le Royaume pourrait constituer, à l’avenir, une plateforme pour le Japon, lui permettant de mieux s’implanter en Afrique. D’ailleurs, depuis la fin des années quatre-vingt-dix, le Japon organise la TICAD (Tokyo international Conference on Africa’s Developement), une conférence triennale consacrée au développement du continent africain. La septième édition de cette conférence se tiendra, l’année prochaine, à Yokohama (à proximité de Tokyo). Pour Tojima Hitoshi, «la TICAD témoigne de l’intérêt, à la fois économique et politique que porte le Japon à l’Afrique. Cet intérêt n’est pas nouveau, comme c’est le cas pour d’autres pays, mais remonte à l’envoi des premiers volontaires japonais sur le continent».

Près de 30 milliards de DH injectés au Maroc

Au 31 mars 2017, le montant total alloué dans le cadre de la coopération technique maroco-japonaise s’élève à près de 3,23 milliards de dirhams, les prêts d’aide publique au développement (APD) s’élèvent, eux, à environ 26,29 milliards de DH et les dons octroyés au Royaume à 2,65 milliards de DH. De plus, 1672 fonctionnaires marocains ont bénéficié de programmes de formation au Japon. A cela s’ajoute l’envoi dans le Royaume de 648 experts et 1339 volontaires japonais (dont 987 volontaires juniors et 152 séniors). Une vingtaine de volontaires sont actuellement en exercice dans plusieurs régions du Royaume et travaillent dans différents secteurs, parmi lesquels l’éducation, la santé maternelle, l’agriculture, l’art culinaire, etc. Aujourd’hui, le Maroc compte plus de soixante entreprises japonaises. Il est le deuxième pays du continent africain, après l’Afrique du Sud, en termes d’implantation d’entreprises nippones.


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