Thami Ghorfi

«Le secteur de l’enseignement supérieur est en pleine restructuration»



Entretien avec Thami Ghorfi, président de l’ESCA

Nous croyons fortement que le Partenariat public– privé est un bon moyen de promouvoir l’éducation et d’améliorer la qualité de nos enseignements. En agissant ensemble, nous capitaliserons sur nos expériences respectives et nos plans de développement dont l’objectif commun est de servir le Maroc et l’Afrique à partir du Maroc.

Dans cet entretien, le président de l’ESCA, Thami Ghorfi, parle de l’offre de formation disponible au niveau de son établissement ainsi que des projets et nouveautés pour la rentrée universitaire prochaine.   

ALM : Au Maroc, ESCA Ecole de Management se classe une nouvelle fois en tête des business schools marocaines. Quel effet cela fait-il pour vous?

Thami Ghorfi : Depuis plus de 7 ans, ESCA Ecole de Management paraît au Top des classements des Business Schools au Maroc. Cela est dû à des investissements matériels et immatériels que nous avons entrepris depuis plusieurs années pour faire de notre Business School une référence en formation de décideurs au Maroc et en Afrique. Ceci constitue pour nous une reconnaissance envers nos stratégies d’innovation académique, de recrutement d’enseignants-chercheurs hautement qualifiés dans leurs domaines, de développement international et de services aux entreprises. Notre classement en tant que 1ère Business School au Maroc et en Afrique Francophone nous engage aussi à offrir des enseignements de qualité conformes aux meilleurs standards nationaux et internationaux pour contribuer à former des managers de talent et à faire de Casablanca un hub éducatif à l’échelle africaine.

Vous avez obtenu le reconnaissance de l’Etat en 2017. Quelle est la valeur ajoutée de cette reconnaissance?

Effectivement, nous avons été reconnus par l’Etat depuis 2017 et sommes fiers d’être la 1ère Business School indépendante à obtenir cette reconnaissance qui confirme encore une fois notre position d’école de référence dans l’enseignement supérieur en management au Maroc.

D’ailleurs, notre 2ème cohorte concernée par la reconnaissance sera bientôt graduée. La reconnaissance par l’Etat a évidemment apporté une forte valeur ajoutée. D’abord elle permet à nos lauréats de bénéficier de l’accès aux concours de la fonction publique, aux études doctorales ou à l’exercice de métiers réglementés. La reconnaissance de ESCA Ecole de Management permet aussi à de nombreux fonctionnaires de suivre nos programmes et d’accéder ainsi aux grades supérieurs.

Comment évaluez-vous le secteur de l’enseignement supérieur privé au Maroc en général et celui des business schools en particulier ?

Le secteur de l’enseignement supérieur est en pleine restructuration, l’offre marocaine s’enrichit de plus en plus en privilégiant les critères qualitatifs tels que l’excellence académique, la recherche scientifique et la qualification des enseignants. L’enjeu majeur est de pouvoir enregistrer une augmentation de la capacité d’accueil pour répondre à la demande qui augmente chaque année, dans le respect de ces exigences et des spécificités de notre économie. La frontière a bougé depuis une année, elle n’est définitivement plus entre public et privé, mais entre les établissements reconnus pour la qualité de leur enseignement et les autres. Les entreprises le constatent, les parents le savent et les étudiants sont de plus en plus nombreux à venir l’expérimenter. A ESCA Ecole de Management, nous sommes conscients de cet enjeu et œuvrons à y faire face au quotidien. En tant qu’école reconnue par l’Etat et 1ère Business School au Maroc, et en Afrique francophone nous sommes engagés à offrir des enseignements de qualité conformes aux standards nationaux et internationaux pour contribuer à faire de Casablanca un hub éducatif à l’échelle africaine.

Le Maroc s’est doté d’une vision stratégique dans le domaine de l’éducation et la formation à l’horizon 2030. Comment le secteur privé peut-il jouer un rôle dans la réforme dans notre pays ?

La vision du Maroc dans le domaine de l’éducation et la formation à l’horizon 2030 concerne des axes majeurs qui sont relatifs à l’égalité des chances, la qualité de l’enseignement et de formation, la promotion de la société et l’amélioration de la gouvernance. En tant que Business School ouverte aux pratiques internationales en matière d’éducation et d’enseignement supérieur, nous croyons fortement que le Partenariat public – privé est un bon moyen de promouvoir l’éducation et d’améliorer la qualité de nos enseignements. En agissant ensemble, nous capitaliserons sur nos expériences respectives et nos plans de développement dont l’objectif commun est de servir le Maroc et l’Afrique à partir du Maroc.

A l’ère du digital, le marché de l’emploi est en profonde mutation. Qu’est-ce que vous prévoyez pour vous adapter?

Pour répondre efficacement aux besoins des entreprises, nous avons mis en place un système de veille active continue qui anticipe les besoins des entreprises et nous permet d’agir en amont sur nos enseignements et nos méthodes académiques. Nos relations avec nos partenaires internationaux nous permettent également d’adopter les meilleures pratiques qui ont réussi à l’international en les adaptant à notre contexte. Ainsi, nos méthodes d’enseignement permettent, entre autres, à nos étudiants de se former dans un environnement digital et ce à travers la mise en place de 3 plateformes numériques facilitant l’apprentissage, les travaux de recherche et la réalisation des projets. Et également une plateforme e-learning qui permet de s’adapter aux étudiants pour avancer à leur rythme et convenance. Nous nous sommes également dotés, depuis quelques années, d’équipements technologiques modernes pour assurer des cours, joint courses et participation à des projets internationaux en visioconférence avec nos partenaires.

Il me semble ensuite important d’accompagner les entreprises dans cette dynamique, à travers de nombreux conférences et séminaires consacrés aux sujets des innovations dans les organisations, mais aussi en formant des jeunes qui sont capables de porter ces approches qui favorisent les changements. Nous devons aussi aider les entreprises à apprendre à traiter avec ces nouvelles générations de «digital natives», de les intégrer, de les mobiliser et de les manager.

Quelles sont vos principales nouveautés pour la rentrée 2018-2019?

La rentrée 2018-2019 nous promet plusieurs projets surtout à l’international. D’abord, nous nous préparons à recevoir une trentaine d’étudiants internationaux dans le cadre de programmes d’échanges pour le premier semestre. Ils nous viennent de plusieurs continents, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Singapour, du Canada, du Mexique, de France, de Belgique et d’autres pays. Nous recevons également pour le démarrage de l’année une nouvelle cohorte MBA d’Afrique du Sud pour un séminaire autour du Doing Business in Morocco and North Africa dans l’objectif de découvrir les opportunités d’investissement que le Royaume offre à l’échelle africaine. Notre partenariat stratégique avec HEC Montréal se renforce également à travers de nouveaux projets. Nous concrétisons pendant cette rentrée certains aspects de notre partenariat surtout en matière d’échange d’étudiants et de professeurs, mais aussi dans le domaine de la formation continue au service des entreprises. En effet, nous nous apprêtons à recevoir nos premiers étudiants HEC Montréal pour un échange à ESCA Ecole de Management et à envoyer nos étudiants à HEC Montréal. Nous sommes fiers de notre nouvelle alliance avec cette prestigieuse institution d’Amérique du Nord.

La rentrée 2018-2019 est aussi l’année qui marquera l’accès de nos étudiants au réseau QTEM Quantitative Techniques for Economics and Management que nous avons intégré il y a une année. Ce réseau qui regroupe cette année 24 institutions des plus prestigieuses au monde offre une formation à la pointe des nouveaux métiers analytiques (big data, risque financier, business intelligence, credit scoring…. ) pour les étudiants qui visent des compétences analytiques et quantitatives appliquées au management.

Nos étudiants vont rejoindre dès l’année 2018-2019 le réseau en tant que seuls étudiants africains auprès d’autres écoles telles que HEC Lausanne, EDHEC, Solvay Brussels School of Economics and Management, Warwick Business School, Luidd Guido Carli, Tilburg University, Bi Norwegian Business School,… )

Sur un autre plan, l’incubateur que nous avons lancé cette année porte déjà ses fruits puisqu’il connaîtra le lancement et la concrétisation de certains projets de nos étudiants que nous avons accompagnés. Certains parmi eux iront dans des compétitions internationales pour des prix d’innovation.

Vous étiez l’une des premières écoles à voir le jour. Comment se présente l’avenir pour vous ?

De plus en plus passionnant ! Heureusement que le monde change et que les entreprises ont des challenges énormes à relever aussi bien au niveau organisationnel, de développement des marchés que des ressources humaines. Notre mission a de plus en plus de sens. Nous l’accomplissons pour saisir de magnifiques opportunités au Maroc et en Afrique. Nos travaux de recherche peuvent par exemple servir les entreprises sur le décryptage des meilleurs projets et opportunités de développement en Afrique, l’accompagnement des entreprises familiales, l’innovation et l’usage des technologies. Nous ambitionnons également de servir les entreprises par notre internationalité. Nous formons des profils dotés d’une perspective globale avec une meilleure compréhension du monde suite à leurs expériences dans différents continents à travers les échanges, les stages, ou les projets à l’international.


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