Cinq minutes pour des plages plus propres



Ce qui suit, et malgré les apparences et les distances, concerne au plus haut notre pays, pourvu d’un littoral de 3 500 km sur deux façades maritimes. Des fois, ce sont  les actes les plus simples initiés par des gens qui le sont tout autant, qui ont le plus de chance de réussir en cristallisant les attentions. C’est un peu l’histoire de Carollina Sévilla et de l’initiative qu’elle a prise cet été sur Instagram. Relayé par plusieurs collectifs prônant des villes et des plages propres au Maroc, et intitulé #5minutebeachcleanup, le concept lancé par cette ex-diplomate qui a vécu pendant près d’une décennie dans la métropole new-yorkaise avant de tout plaquéer pour s’installer sur les côtes du Costa Rica et s’approcher d’un milieu naturel, consiste à profiter du temps passé sur le sable afin de faire une collecte de déchets autour de soi, avant de partager le moment par selfie avec le monde entier.  
Dans un post publié par ses soins sur Instagram, Carollina Sévilla a déclaré : «Nos océans occupent deux tiers de la planète et abritent la plupart des créatures sur Terre. Malheureusement, notre connaissance de l’océan est très limitée, quand notre impact est très important. Il n’est jamais trop tard pour se rapprocher de cet océan et d’utiliser ce que nous savons pour le protéger ».  
Effectivement, les chiffres sur la pollution des océans sont bien au-delà des tendances alarmistes, et plus particulièrement celle des eaux côtières. Selon un récent rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), les sacs en plastique et les bouteilles sont les déchets marins les plus répandus dans le monde entier, représentant plus de 80% des déchets dans plusieurs mers régionales. Ainsi, ce n’est pas moins de 8 millions de tonnes de plastique qui finissent dans les mers du globe, soit l'équivalent d'un camion à ordures complet par minute. Et les conséquences sur la biodiversité maritime sont désastreuses : un million d'oiseaux de mer et 100.000 mammifères marins disparaissent à cause de cette matière. «Un jour, j’ai vu le film de Chris Jordan, Midway. J’ai tellement pleuré en voyant ces oiseaux dont l’estomac était rempli de plastique ! Ce jour a changé ma vie, et j’aimerais mobiliser tous les efforts possibles pour aider au nettoyage des océans», abonde Carolina dans une seconde publication.
Comme ce fléau est d’ordre planétaire, les photos postées avec le #5minutebeachcleanup se sont multipliées  en provenance de toutes les plages du globe. Cette amplification du phénomène a valu à Carolina Sévilla de s’être vu proposer un poste au sein de l’entreprise, Bionic Yarn, un réseau des professionnels de la mode, du luxe et de la beauté. La jeune femme devra récupérer le plastique qui endommage les coraux et le transformer en fibre textile.
A dire vrai, il y a peu de chances que nous soyons également sollicités pour un emploi pareil. Toutefois, relever le défi à chaque fois que cela est possible, rendra sans aucun doute nos plages plus propres, d’autant plus que notre pays est pourvu d’un littoral dont l’étendue n’a de commune mesure que sa fragilité. 


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