L'industrie britannique face à la plus grande pénurie de main-d'oeuvre en 30 ans



Les Chambres de commerce britanniques (BCC) alertent, dans une étude publiée récemment, sur les difficultés des entreprises à trouver une main-d'oeuvre qualifiée, sans précédent depuis 1989 pour l'industrie, et pointent du doigt les incertitudes du Brexit.
Selon l'enquête, menée auprès de 6.000 entreprises, 81% des entreprises manufacturières, soit un sommet depuis 1989, et 70% des entreprises de services britanniques, ont éprouvé des difficultés à trouver les employés recherchés dans le dernier trimestre de 2018.
L'une des causes du problème identifiée par le directeur général des Chambres de commerce, Adam Marshall, est l'incertitude liée aux restrictions à venir sur l'emploi de ressortissants européens au Royaume-Uni.
Les mesures proposées à la mi-décembre par le gouvernement, dont un seuil salarial minimal de 30.000 livres par an (33.169 euros) qui ne concerne que les travailleurs européens qualifiés, pourraient provoquer une réduction de 80% de l'afflux de travailleurs européens, selon les prévisions du gouvernement.
"Les inquiétudes des entreprises (...) doivent être prises au sérieux, et les entreprises doivent avoir accès à une main-d'oeuvre qualifiée à tous les niveaux, sans être gênées par des coûts ou une bureaucratie importants", a souligné M. Marshall. "La priorité absolue du gouvernement doit être de clarifier la situation à court terme et d’éviter un Brexit compliqué et désordonné", a-t-il aussi insisté.
Les conclusions des Chambres de commerce britanniques surviennent alors que le taux de chômage est tombé récemment au plus bas depuis 1975 au Royaume-Uni.
L'étude des Chambres de commerce fait toutefois état d'un contexte difficile pour les entreprises britanniques, qui réduisent les dépenses et repoussent les décisions importantes dans l'attente de connaître les conditions du Brexit.
La croissance de l'activité du secteur manufacturier britannique a parallèlement connu un pic en six mois, au mois de décembre, avec la hausse des stocks en prévision du Brexit. Cette performance n'est cependant pas un symptôme de la bonne santé de l'économie, mais est simplement due à l'anticipation du Brexit.

 


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